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La théorie du refoulement se présente dans l'œuvre de Freud avec une constance d'autant plus étonnante que le refoulement est conçu comme constitutif de l'Inconscient. On pouvait s'attendre, en effet, que la deuxième topique modifie sa conception. En fait, le schéma du processus reste le même que celui que Freud a élaboré en 1915. La dualité instinct de vie - instinct de mort ainsi que l'introduction du point de vue génétique n'ont fait que préciser les forces en présence. Le conflit qui est supposé à l'origine du refoulement est un conflit pulsionnel irréductible aussi bien dans la première topique que dans la seconde : la gestion du conflit est confiée à des instances dont la constitution et le mode de fonctionnement permettent de rendre compte d'une dynamique plus souple, du fait de sa plus grande complexité, mais les grandes lignes d'organisation de cette gestion restent les mêmes.
Cette constance par rapport aux remaniements théoriques s'explique par le fait que l'opération du refoulement est destinée, avant tout, à maîtriser l'énergie psychique, quelles que soient la source et la répartition qu'on lui suppose. Ce n'est que parce que l'énergie se lie à des représentations que le refoulement va devenir la forme d' « oubli » sélectif et dynamique que nous connaissons. J'y reviendrai.
Si je commence par affirmer la continuité de la conception qu'a Freud du refoulement, c'est pour ne pas m'arrêter sur la discussion possible que suscite l'usage qu'il en fait à des moments différents. Je fais ici allusion à la distinction ou à la non-distinction entre les termes de refoulement et de défense qu'il faut, à mon avis, placer dans le contexte historique. Je rappellerai seulement, très schématiquement, que dès les Etudes sur l'hystérie et jusqu'à Inhibition, symptôme et angoisse, Freud entretient une certaine ambiguïté en ce qui concerne