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Cet ouvrage n'est pas une étude approfondie de rattachement, mais un « Colloque imaginaire » organisé par Zazzo entre psychanalystes d'une part et pédiatres, ethnologues et psychologues d'autre part. Zazzo, estimant que l'attachement remettait en cause toute la psychanalyse, a proposé aux intéressés de faire connaître leur avis par lettre. Ce sont ces lettres qui constituent l'ouvrage.
Pour faire valoir sa thèse, Zazzo s'appuie sur les travaux du psychanalyste J. Bowlby. Zazzo écrit qu'il ne « s'attendait pas à ce que les psychanalystes admettent l'attachement ». Ce qui révèle d'ailleurs son ignorance des recherches psychanalytiques dans ce domaine. Il y a plus de cinquante ans que Laforgue et Pichon proposaient de remplacer le mot libido par le mot « aimance ». Et les psychanalystes admettaient qu'il pouvait y avoir, avant l'investissement érotique, des pulsions hédoniques physiologiques comme l'acte de manger, de boire, l'exonération anale et urétrale, les caresses cutanées, etc., vécues dans la relation à la mère. Pichon parlait de lagnie, c'est-à-dire de plaisirs recherchés par eux-mêmes avant qu'ils soient érotisés. Ces énergies pouvant s'investir par la suite dans des sublimations diverses, tout comme la libido.
Zazzo écrit qu'il a cru voir dans l'étude de Bowlby une « découverte qui met en cause toute la psychanalyse » et « pulvérise la mythologie de l'inconscient ». « Avec la notion d'attachement, écrit-il, commun à l'animal et à l'enfant, il n'est plus question d'inconscient, de pulsions ni de libido. Toute la méta-psychologie de Freud disparaît. » Et d'ajouter : « L'interprétation freudienne des rêves ne se distingue pas de la clé des songes. » Pour renforcer cette condamnation massive, Zazzo invoque l'apport de Marx pour lequel « la relation immédiate naturelle est la relation d être humain à être humain ». « Dans la tradition marxiste et wallonienne, la notion sociale est accordée à l'homme, mais elle existe aussi, ajoute Zazzo, dans le monde animal. Dès l