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«… tant que la mémoire a une place sur ce globe distrait… ».
A ma grande peine, mon père est devenu l'objet de discussions hautement polémiques entre savants qui — par la force des choses — fondent leur jugement sur une documentation fragmentaire, dont les visées primordiales n'ont pas toujours été une reconstruction fidèle de la personnalité de mon père mais plutôt la synthèse du portrait d'un homme qui fut plus ou moins digne de l'estime de Freud, qui mérita plus ou moins d'être soutenu ou rejeté par son Maître.
Etant le seul fils survivant de Victor Tausk, je me suis ainsi senti mis au défi d'offrir à ceux qui s'intéressent actuellement à mon père l'image de lui telle qu'elle s'est gravée dans mon esprit et telle qu'elle peut être restituée à partir d'un nombre respectable de ses lettres, lettres que je possède.
Mon père était un homme très doué, très sérieux, extrêmement honnête, qui chérissait ses enfants et qui en était aimé et admiré. Il avait un grand sens de ses responsabilités envers ses fils et c'est lui faire une grande injustice que de le lui dénier. Je suis prêt à soutenir ceci fermement, même s'il se sépara de sa femme après une courte période de vie conjugale et si, pendant un certain nombre d'années — quelles qu'en soient les raisons —, il fut totalement incapable de pourvoir à ses besoins et à ceux de leurs enfants, comme est censé le