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Le drame de Gerhardt Hauptmann Und Pippa Tantz (Et Pippa danse) provoqua une réaction mêlée quand il fut joué pour la première fois en 1906. Le public se sentait désorienté pour comprendre l'œuvre et ce que l'auteur souhaitait exprimer à travers elle. Hauptmann assistait à la première représentation à laquelle l'élite intellectuelle avait été invitée et il se trouva rapidement engagé dans une discussion sur la signification symbolique de l'œuvre. Lorsqu'on lui demanda d'expliquer ce dont il s'agissait dans ce drame, il aurait répondu : « Si je le savais, je n'aurais pas eu à l'écrire. »
Cette réplique hermétique prend beaucoup de sens si nous réfléchissons à l'attente des publics de théâtre dans le début du siècle. Et Pippa danse est le portrait psychologique d'une civilisation sur son déclin présenté sous un habit littéraire. Son message est un message de condamnation et de désespoir. Le poète s'est probablement rendu compte de l'état de confusion créé par son drame dans un public qui continuait à se bercer des idées de supériorité et de grandeur allemandes, huit ans avant l'explosion de la première guerre mondiale. C'est cette connexion psychologique que les critiques littéraires ont été incapables de démêler. Le poète lui-même avait alors atteint le milieu de sa vie et devait être parvenu à une appréciation pleine de tristesse de ce que l'avenir lui réservait.
Rétrospectivement, les intuitions du poète semblent avoir été bien fondées. Les suites de la première guerre mondiale et la vie brève de la République de Weimar sont de tristes réminiscences d'un développement politique qui, par la suite, exposa le monde au trauma sans