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L'intérêt croissant envers les premiers fondateurs de la Société psychanalytique de Vienne a particulièrement attiré l'attention sur Victor Tausk, dont la personnalité brillante et le suicide tragique ont stimulé de récentes recherches (Roazen, 1969). La lecture de l'un de ses articles, Contribution à la psychologie de la sexualité infantile qui parut d'abord en allemand en 1913, puis de façon posthume en anglais en 1924, révèle, à notre avis, qu'il s'agit là sans aucun doute d'un récit concernant son propre fils Marius. Cet article est d'un intérêt considérable, non seulement par lui-même, car il est parmi les premières études analytiques sur l'enfant, mais encore par la contribution qu'il apporte et à la biographie de Tausk et à ses écrits scientifiques.
Le récit traite de deux rêves obtenus de « Fritz », garçon de 10 ans, rêves présentés comme des moyens d'avoir des détails sur sa vie sexuelle sans éveiller sa vigilance ou sa résistance. Pour asseoir dès maintenant notre thèse, soulignons que le rêveur a un frère de deux ans plus jeune que lui, « Emile », exactement comme Marius (Victor Hugo Tausk), et que le père abandonna ses enfants après la naissance du dernier (exactement comme fit Tausk). D'autres confirmations apparaîtront à mesure que nous avancerons. Nous pouvons aussi dater assez précisément le traitement, puisque mention est faite que le second rêve survint en janvier (1913 estimons-nous), tandis que le premier survint sept semaines plus tôt. Comme nous le savons par le Journal de Lou Andreas Salomé (1964), les garçons étaient alors confiés à leur père et devaient, avec lui, rendre visite à celle-ci — circonstance qui ne serait pas tout à fait sans rapport avec les rêves eux-mêmes.