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Marc Schlumberger devint membre de notre Société en 1933, quelques années après la fondation de celle-ci. Membre titulaire en 1937, il sera membre de la Commission de l'Enseignement en 1952. En 1957, et à nouveau l'année suivante, il est élu président de la Société psychanalytique de Paris. Il fut, durant de nombreuses années, secrétaire général de la Revue française de Psychanalyse et s'intéressa au destin de celle-ci jusqu'à la fin de sa vie. Mais au-delà de la sécheresse des dates qui ont jalonné sa carrière de psychanalyste, je voudrais évoquer un peu ici le maître, le collègue, l'ami qu'il a été. A beaucoup d'entre nous il a transmis la psychanalyse, soit comme analyste, soit comme contrôleur ou enseignant. Beaucoup d'entre nous lui sont redevables et la rencontre avec Marc Schlumberger joue un rôle important dans certains aspects de notre exercice professionnel même si nous n'en sommes pas toujours conscients, même si les plus jeunes d'entre nous ignorent l'influence qu'a eue sa pensée à l'intérieur de notre Société.
Je vais me permettre d'évoquer quelques aspects de mes rapports avec Marc Schlumberger et vous dire comment il continue à vivre dans mon souvenir. Je l'ai rencontré pour la première fois au cours de mes visites auprès de la Commission de l'Enseignement ; puis il a été l'un de mes « contrôleurs ». A l'issue de ce contrôle, lui qui était, on l'a dit, un maître de l'analyse des rêves, m'a fait l'honneur de me demander de collaborer avec lui à un article sur la théorie des rêves destiné au Traité de psychanalyse dirigé par Sacha Nacht. Je fus très vite frappée par sa très grande indépendance d'esprit, son humour qui lui permettait de prendre une distance amusée à l'égard des choses, son absence totale de conformisme que sa réserve, sa courtoisie, sa discrétion ne laissaient pas, de prime abord, deviner, non plus qu'une passion pour l'analyse qui lui faisaient émettre, en tête à tête, des jugements parfois sévères mais toujours justes sans trace de peti