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C'est quasi à son corps défendant que Freud a démasqué le rôle déterminant de la sexualité infantile dans les psychonévroses et, à partir d'elles, pour l'ensemble du fonctionnement psychique.
N'écrivait-il pas à Jung à propos de Steckel : « Le malheur est seulement que, de nous tous, c'est lui qui a le meilleur flair pour le sens de l'inconscient. Car c'est un cochon absolu, et nous, nous sommes en réalité des honnêtes gens, qui ne se rendent à l'évidence que malgré eux » ?
Mutatis mutandis, son attitude face à la maladie mentale pourrait se formuler de façon analogue, son organisation phobo-obsessionnelle ne le prédisposant guère au commerce avec les psychotiques. Autre cause, si tant est qu'il ne s'agit pas déjà d'un effet : le nombre infime de cas de psychoses qu'il a pu examiner, le peu de temps à lui imparti, avant qu'ils ne le quittent, tant de par ses conditions de pratique et de technique que de par leur structure. Il n'en est que plus stupéfiant de voir ce qu'il a pu cependant saisir de nodal en la matière et ouvrir de voies nouvelles dont nous lui sommes tous redevables. Il a, pour y parvenir, fait feu de tout bois : outre cette expérience clinique réduite à la portion congrue, un roman, La Gradiva, des documents écrits (Schreber, Haitzmann), quelques travaux et vignettes cliniques de ses élèves, Abraham, Ferenczi, Maeder, Tausk qui, parfois, ce qui est exceptionnel dans l'histoire de la psychanalyse, l'ont même précédé dans les découvertes. Il y était poussé par sa visée fondamentale à embrasser l'ensemble de la pathologie mentale, dans une théorie à la fois complète et réductrice. Dès ses premiers travaux, la problématique de la psychose accompagnera toujours plus ou moins celle de la névrose, en contrepoint ou en opposition, pour en souligner et les similitudes