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« Au comble de l'angoisse il n'y a plus de temps » (Kierkegaard), « ni d'espace » (Anonyme).
La remarque de Racamier qui nous invite à décrire un complexe de « désêtre », la phrase d'Anzieu qui termine son article sur le transfert paradoxal en se demandant « si le paradoxe fondateur ne serait pas celui de l'union toujours à refaire des pulsions de vie et des pulsions de mort », pourraient, tout aussi bien que le rappel de mes articles traitant de la psychose, introduire les réflexions que je vous soumets, tant nos chemins me paraissent proches et parallèles sur ce sujet.
Le paradoxe, que je préfère appeler aporie, est, selon moi, la forme verbalisée de l'angoisse, ou, si l'on préfère, l'angoisse est l'aporie fondamentale d'où dérivent toutes les autres.
Mais il faut distinguer l'angoisse psychotique de l'angoisse névrotique. Il y a aussi l'angoisse morale dont Kierkegaard semble avoir parlé exclusivement (le concept d'angoisse), mais en réalité il a mis à jour et plus profondément que quiconque la phénoménologie de l'angoisse névrotique. Celle-ci, selon moi, exprime le conflit en un même Je, entre son désir de vivre et celui de mourir, mais c'est tout lui-même, corps et âme, qu'il veut à la fois détruire et conserver. Il reste sujet et dans les limites de son corps. S'il meurt, il meurt entier.
C'est très différent pour l'angoisse psychotique et ceci tient à ce que, contrairement à l'angoisse névrotique qui ne survient qu'au moment où le sujet est privé de l'objet ou de son image (Inhibition, symptôme et angoisse), elle, l'angoisse psychotique, résulte de l'impossibilité pour le sujet de se détacher de l'objet ou plus exactement de la réalité psychique de celui-ci dont la chair justement lui manque.
C'est la reviviscence d'un mode de relation mère-enfant d'où sont