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C'est une tendance bien filiale depuis Freud que de s'appuyer sur une de ses idées, que de s'en emparer pour amorcer sa réflexion. J'aurai fait de même avec P.-C. Racamier et Giovanni Hautmann, puisque c'est sur une assise bien fragmentaire par rapport à leurs importants travaux que je m'appuyerai.
Deux textes de Freud retiendront mon attention. D'abord celui de l'année 1894 sur « Les psychonévroses de défense » [1] où il signale que dans la psychose le Moi s'arrache à la représentation insupportable et que comme celle-ci est indissolublement rattachée à un fragment de réalité, en accomplissant cette action le Moi se détache aussi totalement ou partiellement de la réalité. Le rejet, ajoute-t-il, porte sur la représentation et sur l'affect de telle sorte que le Moi se comporte comme si la représentation n'avait jamais eu accès jusqu'à lui. Plus tard, en 1915, dans son article sur « L'inconscient » [2] il reviendra sur cette idée et précisera qu'à la différence de la névrose, où c'est la traduction verbale qui est interdite à la représentation refoulée, dans la schizophrénie, le processus se traduit par le retrait de l'investissement pulsionnel des endroits qui figurent la représentation objectale inconsciente. Tout le désordre que l'on retrouve donc du côté de la réalité n'est que le reflet du désinvestissement de la représentation de chose inconsciente. Freud s'étonnera pourtant dans ce même article du fait que dans la schizophrénie tout se passe curieusement comme si l'investissement de la représentation de mot persistait. Mais ce sera pour nous montrer que l'investissement de cette représentation de mot ne fait pas partie du processus pathologique lui-même, mais du processus de guérison, de restitution. L'investissement pouvant suivre deux voies et le courant en provenance de l'inconscient vers la conscience étant éteint, c'est de la