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Depuis fort longtemps, on a cherché à établir, sans toujours utiliser les mêmes termes, les rapports existant entre ce qui est appelé maintenant le réel, le symbolique et l'imaginaire2. Freud a largement ouvert la voie à la compréhension de ce qui se passe à ces niveaux dans les mécanismes œdipiens ; on a soulevé depuis des hypothèses concernant les articulations existant entre ces trois registres dans le mode, de fonctionnement mental psychotique. Le cadre de ce Congrès et plus particulièrement le très intéressant rapport de G. Hautmann nous incitent à réfléchir sur ce qui se passe chez les états limites, réflexion moins souvent proposée.
Peut-être est-il important de rappeler quelles sont les hypothèses les plus courantes sur les relations dynamiques, topiques et économiques existant entre les trois registres du réel, de l'imaginaire et du symbolique pour essayer de comprendre la lacune spécifique existant chez les états limites ? L'ordre du « réel » en effet semble correspondre moins à la notion de « réalité »3 qu'à la place tenue par celle-ci dans le type d'organisation mentale du sujet : ordre de l'impossible libidinal (noyau névrotique) ou ordre de l'impossible agressif (noyau psychotique) ou bien encore ordre de la menace traumatique non élaborée (organisation dite « limite ») ; c'est l'ordre du non directement symbolisable. Le symbolique est l'ordre de la langue fondamentale dont parlait Freud,