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Sur la voie de Thèbes, le chemin d'Œdipe est barré par le Sphinx. L'image du « monstre » semble fixer la nature de l'interrogation de celui-ci au domaine des limites du représentable, du pensable. Son énigme renvoie ainsi au défi éblouissant du « sublime » et de l'ineffable qui surprend tout être humain au moment de l'effort de mentaliser sa propre reconnaissance.
Signifiant limite ou limite de la signifiance, le Sphinx me semble évoquer une espèce de « phobie » fondamentale, que j'appellerais « phobie » de la partie psychanalytique de la psyché, partie créative et sexuelle issue de l'expérience de l'absence en tant que perte de l'étayage sensoriel sur l'autre. Une telle peur pourrait reposer sur l'expérience de ces vécus psychotiques que Bion1 a décrits comme explosions projecrives et entretenir l'incapacité d'intérioriser, c'est-à-dire l'incapacité d'aménager un véritable espace psychique interne et donner un espace interne aux phénomènes psychiques.
Chez Freud2, la psychose est au centre du problème de la qualité du fonctionnement psychique. En effet, dans la distinction entre déni et refoulement, on trouve déjà l'opposition entre la notion de perte de conscience des représentations et des affects et la notion de perte de la réalité psychique des expériences vécues : opposition du trouble de la dynamique de l'investissement et du trouble de la perception psychique en tant que fonction3.
La recherche psychanalytique ultérieure était donc prédestinée à poser la question des rapports de représentation, mais aussi des rapports