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Le concept de narcissisme est encore à la base d'une grande partie de la théorie psychanalytique des psychoses. Mais tout en gardant son efficacité dans le domaine clinique, il semble qu'il soit bien moins satisfaisant sur le plan métapsychologique. Je délaisse volontairement les ambiguïtés et les contradictions déjà formulées sur le sujet, dans la pensée freudienne (Lichtenstein, Laplanche et Pontalis, etc.), me bornant à rappeler les désaccords les plus flagrants entre théorie et observation directe, tel le fait que dans les relations objectales immatures, qui devraient par définition être narcissiques, l'attachement à l'objet peut être et est fréquemment très intense (Pulver) ; telle aussi l'opposition insoutenable entre investissement narcissique et investissement objectal (Kohut).
Holt a constaté que la plus grande partie des ombres, des erreurs et des contradictions internes de la théorie psychanalytique seraient des dérivés directs de son hérédité neurologique du xixe siècle. Je pense que cette constatation est valable aussi pour le narcissisme, plutôt que de rejeter la responsabilité sur une redéfinition manquante du narcissisme en termes de psychologie structurale (Hartmann).
En outre, le concept de narcissisme, comme beaucoup d'autres en psychanalyse, a été employé de manière excessive, par exemple dans l'explication et la compréhension de faits qui auraient nécessité des approches différentes (cf. la description du psychisme prénatal et du psychisme du nouveau-né, de l'amour de la mère pour le nouveau-né, ainsi que celui de l'homosexuel pour son partenaire).
Les concepts dérivés de la biologie sur lesquels se fonde la théorie du narcissisme sont le principe économique et le principe de constance (de l'inertie neuronique, du nirvâna).
Sur la base du premier, le narcissisme se caractérise par le déplacement de charges énergétiques d'un objet au sujet lui-même, et vice