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Des liens indicibles autant qu'indissolubles constituent en chacun des chaînes où s'encastre la vie de tout sujet.
De la « pathologie » évidente à la « normalité » harmonieusement vécue, est-il besoin de souligner que se retrouvent, pour peu qu'ils soient assez loin recherchés, des besoins, des rêves, des fascinations, des clôtures et des éclatements de même nature.
Ce qui diffère profondément, d'un tel extrême à l'autre, c'est la part creusée, remplie, figée, celle où le sujet fou s'efface et se perd en une tentative désespérée pour maintenir, protéger, et dans le même temps, durcir, morceler et détruire sa vie propre par trop menacée ou inaccessible. Ou, au contraire, celle où le sujet mieux vivant, en une part mouvante et aux dérobements insaisissables, mêle ses contradictions fondamentales et plonge ses aspirations les plus illimitées.
Cependant, ne nous méprenons pas. Il n'y a pas d'opposition. Le sujet fou est vivant, et il poursuit une création fantastique, même si redoutable et désespérée. Et le sujet épanoui ne manque jamais de se détruire, morceler et figer, en certaines parts obscures de lui-même.
« Barrière d'isolement, vie suspendue, forteresse sans maintenant, ni avant, ni après. C'est là que je suis en miettes et en même temps enchaînée », exprime une patiente.
De telles réponses, réponses de chacun, s'implantent dès les mêlées premières où se conçoit la vie de l'être.
Mêlées premières des corps à corps, des corps dans le corps, de l'acte d'amour, de la conception, de la grossesse.