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Après avoir éclaté d'un rire qu'il ne pouvait contenir, ce patient, tout confus, put dire la phrase qui avait jailli de lui en entrant : « Parle à mon cul, ma tête est malade. »
L'invite est plus équivoque et plus paradoxale qu'il n'y paraît. Car qu'est-ce que « parler » veut dire ? Et de quels organes s'agit-il en fait ?
Nous en suivrons ici les différentes localisations, les différents sens, suivant les variations de niveaux de symbolisation ; non pas condensés, mais successifs, au fil des modifications structurales.
Car ce rire et cette locution vont en effet marquer un passage essentiel des aspects de l'asymbolique au symbolique de l'esprit ; esprit à prendre dans son double sens de psychisme et de mot d'esprit ; ce que l'on pouvait comprendre de la première traduction qui nous avait été donnée du titre de Giovanni Hautmann : « Des aspects asymboliques de l'esprit et leur rapport avec le narcissisme… »
Etant donné la grande confusion terminologique constatée au cours des discussions, il me faut préciser que je caractérise ici l'asymbolique par la coupure de la chaîne associative, soit par mécanisme d'exclusion au-dehors — la Verwerfung —, soit par non-liaison avec un symbolisé — et c'est alors le problème de la genèse de la signification symbolique qui nous intéressera. Donc selon cette alternative, l'élément symbolique soit pourra avoir, soit n'aura pas du tout ces caractères, bien décrits par G. Hautmann, de monosensoriel, adimensionnel, incontenable… référés à la théorisation de la pellicule de pensée. Cet asymbolique ne correspond pas au « trop-plein » de sens univoque et d'investissement des équations symboliques kleiniennes.
Pour revenir à notre patient, celui-ci était venu pour tout, sauf pour rire ! et sauf pour symboliser. Il tenait au contraire tout