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Dans les anciennes descriptions des patients psychotiques, il y avait une forme clinique particulièrement dramatique, la schizophrénie simple, par l'effet appauvrissant qu'elle avait sur la personnalité du malade. Si ces formes cliniques sont relativement rares, il y en a d'autres plus fréquentes où la simplification du fonctionnement psychique est moins évidente parce qu'elle ne se manifeste pas dans le comportement. Il s'agit souvent de patients borderline qui présentent des plaintes vagues et imprécises mais pas moins angoissantes car leur vécu est indiscriminé. Leur discours est fait de phrases, avec un choix de verbes et de compléments, quand ils parlent à la première personne — mais souvent le sujet c'est « on » —, qui expriment ce qu'il y a de plus général. Par exemple : « J'en veux à tout le monde », « Je me sens mal partout », etc., ce qui donne l'impression d'une énorme mutilation de leur vie psychique. C'est comme si leur « édifice psychique » était construit de « blocs cyclopéens » par opposition à d'autres individus, névrotiques surtout, dont la finesse et la différenciation évoquent une mosaïque polymorphe et polychrome. Ils ont beaucoup de points communs avec ceux que Donnet et Green [2] ont décrits sous le qualificatif de « psychose blanche ».
Dans les traitements d'enfants autistiques nous pouvons arriver à détecter les précurseurs de cette simplification mutilante. Elle semble intimement liée au fonctionnement psychique de ces enfants et en étroite relation avec les défaillances particulières de la capacité de « rêverie » (Bion [1]) de l'objet maternel, comme nous le verrons plus tard. Maintenant, voyons deux exemples de patients adultes.
Premier exemple. — Il s'agit d'un jeune homme qui a fait des études secondaires. Il vient avec une demande d'aide imprécise parce qu'il présente des épisodes d'angoisse « face à certaines situations ou à