You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Chers Collègues,
Je vous remercie de la patience que vous avez eue jusqu'ici, je vous en demande encore un peu et nous en aurons fini ; mais nous devons nous rappeler l'histoire d'Œdipe et du Sphinx par quoi le Dr Andreoli a commencé et conclu sa stimulante communication. Il nous parle de la peur d'un vide mental lié à la difficulté à nous le représenter en termes tridimensionnels, mais peut-être ne suis-je pas si éloigné de la vérité si je dis que nous rencontrons tous la même peur devant des points de vue qui nous semblent nouveaux et de nature à nous défaire des idées auxquelles jusqu'alors nous nous accrochions comme à une béquille. Œdipe sur la route de Thèbes, cher Docteur Andreoli, nous pose le problème de la connaissance. La mort et la peste de Thèbes représentent la dévastation psychotique d'Œdipe projetée à l'extérieur, qu'il réparera grâce à la connaissance atteinte à travers la résolution des énigmes; — le Sphinx —, monstre, justement, à moitié animal, est la partie destructrice qui attaquant la connaissance forclot la voie de la symbolisation, la conquête de la dimension humaine de la vie mentale. Ceci nous ramène à l'enfermement dans le paradoxe, au sens où l'entend Racamier, dans lequel, selon moi, un Surmoi terriblement sadique, parce que investi de narcissisme destructeur, condamne à une oscillation pendulaire entre les pôles du dilemme, sans jamais les relier, par une réduction unidimensionnelle de l'espace, et il en est de même pour Marie Pierre ou pour Heizman, comme nous l'avons entendu hier.
Mais heureusement, l'amour d'Œdipe pour la recherche de la vérité a vaincu. Ce thème de la destructivité narcissique qui, selon moi, est parfaitement décrit par l'inanité dont parle Racamier, me rappelle certaines considérations stimulantes de la communication du Dr Palacio Espasa, dont je n'ai, hélas, pas saisi certaines conclusions qui semblent en désaccord avec les miennes ; la description qu'il nous