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La profondeur du rapport de P.-C. Racamier et la richesse de ce qu'il nous apporte tient pour une très grande part à ce que rarement travail est né aussi réellement de l'expérience et d'une réflexion perpétuellement renouvelée à son propos. Sa lecture m'a posé, parce que s'y retrouvait une de mes préoccupations, une question parmi bien d'autres, question sur laquelle je m'attarderai ici un moment et qui pourrait s'appeler : Le Temps dans la Psychose et les Paradoxes qui l'accompagnent.
Le mot de Temps est rarement prononcé dans ce rapport, mais un autre lui fait écho, qui donne le ton et le rappelle quand on risquerait de l'oublier (un peu comme en musique la tonique occupe une place dont le but est de maintenir la ligne essentielle) : c'est le mot de Rupture. Or « Rupture » et « Temps » se répondent de façon certaine, au point que, dans la Psychose, le Temps s'ordonne plus autour d'une « Catachronie » que d'une « Synchro-Diachronie » à laquelle nous a habitués le discours du névrosé. En ceci le Temps rompu du psychotique nous conduit sur un plan où la Castration n'est pas immédiatement en cause comme nous avons pu le montrer ailleurs à propos de l'Identité chez le Névrosé. Ainsi les constantes psychotiques dans le travail de Racamier sont-elles non seulement énoncées en termes de défense contre le conflit ambivalentiel, mais encore font-elles référence à un espace cerné par le Temps. « On se sent être pour autant qu'on se sent double », écrit l'auteur, c'est dire l'importance qu'il attache à la distance entre deux images du Moi, images dont la séparation est autant spatiale que temporelle. Le double dont il est ici question n'est pas une simple duplication dans un volume donné, mais y intervient tout autant le paramètre-temps. Lorsque dans un rêve le sujet est figuré à la fois en tant qu'enfant et en tant qu'adulte, c'est bien que se pose pour lui, entre autres, sa relation à une image située dans un passé qui implique