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« Le négativisme de certains psychotiques est vraisemblablement à interpréter comme signe de défusion pulsionnelle par retrait des composantes libidinales. »
Le négativisme dans la littérature psychanalytique a été classiquement compris comme une manifestation défensive visant à la préservation de l'intégrité personnelle. A. Freud [1] considère que le négativisme se retrouve dans des organisations fort différentes : comme une phase normale du développement de l'enfant et de l'adolescent, comme un symptôme de la schizophrénie et dans certains états névrotiques tels que l'impuissance sexuelle masculine. Le négativisme est alors compris par A. Freud [1] comme une défense contre la complète passivité que vivent ces patients dans toute relation d'objet. Cette peur de la passivité face à l'objet trouve ses racines profondes dans la crainte à la régression, à l'identification primaire avec l'objet, laquelle impliquerait une dissolution de la propre personnalité par la fusion. « Le sujet s'en défendra par un rejet total des objets (négativisme). Cette affirmation est confirmée par des exemples cliniques de patients qui montrent une alternance entre des états de négativisme et des états de « reddition » émotionnelle complète à un objet (Hörigkeit) » [1]. Cette idée est très proche de celle de M. Mahler [2] pour qui le négativisme tant normal que pathologique sert à l'installation du processus de séparation-individuation, ainsi qu'à se défendre contre la crainte de réengloutissement de la part de l'objet. Pour M. Mahler, le négativisme joue un rôle important dans l'établissement et la conservation des frontières du self.