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A Florence je m'étais proposé de distinguer les deux formes d'angoisse: l'angoisse névrotique et l'angoisse psychotique, en centrant mon sujet sur celle-ci, avec ce que je considère comme les premiers modes de défense contre.
Je vais ici poursuivre ces réflexions. Mais, tout d'abord, une rectification quant au qualificatif de névrotique. Il est impropre en ce que cette angoisse est constitutive de toute vie mentale et que ce n'est pas sa nature, son existence, qui est pathologique mais son mode d'apparition — normalement à la dérobée — qui devient bruyant et persistant et qui, ainsi, entrave le cours de cette vie mentale.
On sait que l'angoisse est présentée par Freud soit comme l'effet, soit comme la cause d'un refoulement et, dans ce dernier cas, suscitée par le Moi qui, de toute façon, en est le siège. Elle apparaît donc bien ici comme le moment d'un procès, mais d'un procès circonstanciel. J'ai cru pouvoir, avec l'aide de Kierkegaard1, en faire l'expérience fondamentale du Je, la manifestation de son essence par laquelle il se révèle en quelque sorte à lui-même. Il s'éprouve alors comme le lieu et l'agent d'un conflit dont la théorie freudienne des deux instincts rend très exactement compte.
L'existence chez un même sujet de ces deux tendances simultanées à se diviser et à s'unifier constitue une parfaite aporie que le principe de contradiction ne peut réduire. Même et Autre, Un et Multiple, opposé et conjugué en lui-même, à lui-même, par lui-même, la tentative de résorption du « négatif » au sein de ce Je est sans espoir.
Mais pour que cette situation survienne, il faut, Freud nous l'a montré, que l'objet, ou sa représentation, soit occulté, l'angoisse pure est l'angoisse de rien. Ceci implique qu'une certaine étape a été franchie,