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L'angoisse est un phénomène et un destin d'affect qui sont ce qu'il y a de plus difficile à comprendre. Pour Freud, elle revient toujours à cette crainte de perdre l'amour et la protection — du père, de la mère, de la parenté et certainement, pour lui, de cet Autre qu'il a appelé, avec la biologie, l'espèce et dans lequel on a adjoint l'intentionnalité sans but d'un grand Discours. Angoisse de perdre son identité sexuée, sa nomination sexuée, angoisse de pénétration, angoisse de castration, angoisse devant la mort, angoisse devant le vide, le néant, la fin du monde externe, la fin du monde interne… C'est en fin de compte devant le seul « destin » humain qu'il y a angoisse — devant l'humanité en termes de destin — et pour Freud ce destin est lié à l'antinomie — énigmatique — entre vie et mort et a minima à un certain stoïcisme devant l'hédonisme.
Ce qui me paraît capital, avec la compréhension psychanalytique de l'angoisse, c'est qu'elle associe une interprétation d'une phénoménologie existentielle à des aléas de « montage », disons, métapsychologique avec topique, économique et dynamique.
La question qui s'est posée à moi ne néglige donc pas ces points de vue, à savoir, dans de certaines conditions données, comment dans un système de communication, l'angoisse disparaît chez l'un des protagonistes communiquant, à condition de réapparaître chez l'autre communicant (on pourrait dire « existant »).
Il y a donc un couple, équilibré et déséquilibré, par le phénomène de l'angoisse; couple narcissique, couple d'objets « narcissiques », peut-on déjà dire avec cette brisure de la continuité narcissique où l'angoisse apparaît pour « tamponner » ce qui deviendrait, dans cet effet de discontinuité, une destruction, un effondrement, une hémorragie, un narcissisme primaire non surmonté, une perte endopsychique.
L'un des deux protagonistes de ce couple narcissique, de ce double,