You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il y a un temps pour l'Angoisse et un temps pour le Plaisir, c'est ce qu'aurait pu dire Coheleth, fils de David, roi à Jérusalem. Les psychanalystes pareillement, dès leurs premiers travaux, ont montré qu'une incompatibilité d'espèce existait quasiment entre ces deux états: plaisir et angoisse ont pour habitude, quel que soit l'ordre de leur succession, d'apparaître l'un après l'autre, bien souvent comme si le second état était le paiement du premier.
Si une telle chronologie est banale, l'inverse, c'est-à-dire l'association simultanée chez le même sujet de l'angoisse et du plaisir, les deux temps étant confondus, est une situation paradoxale qui pose de nombreux problèmes. Dans ces cas, en effet, le Moi est submergé à la fois par le plaisir, à la fois par l'angoisse, que ce mélange apparaisse comme le produit d'une élaboration secondaire, ou bien que d'emblée le lien entre ces deux sortes d'affect soit plus intimement mêlé dans une économie dont le masochisme (et nous savons cela depuis l'article de 1924) paraît bien évidemment être le pivot. Elaboration secondaire d'une part, masochisme de l'autre, c'est sans doute entre ces deux pôles que, à l'estime, notre réflexion nous conduira; mais ces deux mécanismes dont la topique est déjà dissemblable, ne sont certainement pas les seuls qui peuvent être mis en cause et ce mélange, ambivalent à l'extrême, a posé pour nous plusieurs questions qui peuvent se rassembler sous la forme simplifiée suivante: comment, d'un point de vue métapsychologique, l'angoisse peut être, en elle-même, un plaisir.
Pour approcher notre propos, nous partirons donc de la position la plus classique qui fait que, de toute évidence, l'angoisse est pratiquement toujours décrite par Freud comme prenant la place d'un plaisir