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La sortie du silence, le passage au discours n'est jamais sans risques.
Dans le livre de Houang Ti, il est dit: « La forme se déplace-t-elle, naît alors non pas une forme (nouvelle) mais l'ombre; le son se déplace-t-il, naît alors non pas un son (nouveau) mais l'écho; le non-être se meut-il, il naît non plus du non-être, mais de l'être. » Ces lignes sont extraites du Vrai classique du vide parfait1 de Lie Tseu, dont certains prétendent que l'auteur n'a jamais existé.
Comment communiquer avec l'autre? On sait que l'obstacle principal à une telle communication est le narcissisme. L'angoisse est souvent dite incommunicable. Quels rapports entre les deux?
J'aborderai:
— L'angoisse de l'Un: de l'unité menacée, reconstituée, liée à l'Autre, sur fond de vide, où la forme réunit objet partiel et objet total.
— L'angoisse du couple où les figures de la symétrie, de la complémentarité, de l'opposition dans la différence de l'Un et de l'Autre, dans lesquelles joue la bisexualité, renvoient au fantasme de l'unité totalisée du couple, toujours recherchée, toujours impossible.
— L'angoisse de l'ensemble: par angoisse de l'ensemble j'entends, après avoir évoqué les figures de l'Un, du Deux, approcher la question non du tiers mais du diasparagmos, de la dispersion, du morcellement; ensemble fini ou infini où se rencontrent l'angoisse de l'infans et l'angoisse du Surmoi, dans la mesure où ce dernier issu du Ça devient « puissance du Destin » comme dit Freud après avoir institué la catégorie de l'Impersonnel régnant sur l'Unité éclatée.
Ces trois angoisses posent le problème de la limite, de la forme, de la substance ou de la consistance, où l'enjeu est la coexistence des Moi.