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Il a été beaucoup discuté, au cours de ce Colloque, de la différenciation entre angoisse névrotique et angoisse psychotique. Deux courants d'opinion se sont fait jour: certains collègues ont tendance à opposer nettement l'une à l'autre, angoisse névrotique et angoisse psychotique; d'autres, dont je suis, penchent pour une conception unitaire de l'angoisse qui serait alors vue comme un affect primaire susceptible de se manifester sous des modes différents selon la structure ou le niveau de fonctionnement psychique au sein desquels il peut apparaître.
Dans l'exemple classique de la phobie, l'angoisse phobique est très généralement considérée comme une forme typique d'angoisse névrotique, liée au complexe de castration, comme dans le cas du petit Hans. Dans la description de ce cas, Freud rappelle sa première théorie de l'angoisse en posant que c'est « la tendresse accrue du petit Hans pour sa mère (qui) se mue en angoisse » (transformation directe de la libido non satisfaite en angoisse). Mais nous savons qu'il abandonnera cette conception en 1926, dans Inhibition, symptôme et angoisse où il écrit: «… le Moi est bien le siège de l'angoisse; mais il faut rejeter la conception ancienne que l'énergie d'investissement de la pulsion refoulée serait automatiquement convertie en angoisse ». Cette conclusion de Freud résultait de l'élaboration par lui de la deuxième topique, base d'une nouvelle théorie structurale de l'appareil psychique.
En outre, dès le cas du petit Hans, Freud distingue deux variétés de l'angoisse de Hans dans son mode de relation à l'objet paternel. C'est ainsi qu'il écrit: « Nous savons que cette partie de l'angoisse de Hans a deux composantes: la peur du père et la peur pour le père. La première dérive de son hostilité contre le père, la seconde du conflit de la tendresse avec l'hostilité » (p. 122). On peut voir dans cette distinction