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L'ambiguïté d'une conception métapsychologique de l'angoisse en psychanalyse peut se mesurer à la survivance dans le vocabulaire quotidien de la psychanalyse de l'expression: « la réduction » de l'angoisse. Magnifiée « signal » au service du Moi ou chargée de tous les maux de la pulsion et de ce fait à « réduire », alliée ou ennemie, l'ambiguïté ne serait-elle pas le reflet de l'ambiguïté propre à l'angoisse, constamment suspendue entre le corporel et le psychique, entre l'affect et la représentation, entre les partenaires d'une scène primitive, entre le patient et son psychanalyste, dans l'entre-deux de la castration?… Ce qu'on pourrait appeler la fonction gobetween ou messagère de l'angoisse, lettre en suspens du sexuel et du mortifère, jamais clairement perçue, toujours insaisissable et inquiétante comme les messagers de l'amour ou de la mort… et pourtant espérance équivoque de dénouement ou de poursuite d'un lien.
Il est inhabituel de s'interroger sur la démarche d'un messager et d'interpeller sa nature, sa réalité. Il en est de même pour l'angoisse qui s'impose hâtivement comme venant soit des limbes de l'imaginaire, soit d'une épaisse réalité extérieure. Si la psychanalyse, avec Freud, s'est d'emblée attachée à l'étude de l'affect, ce fut aussitôt en termes de transformation de la libido en angoisse, et de conditions de représentabilité psychique de l'angoisse. Ainsi, le danger pulsionnel devait être inévitablement ramené au danger de la punition à laquelle il nous expose. En installant l'impérialisme du complexe de castration et de la théorie symbolique de l'angoisse, Inhibition, symptôme et angoisse a reculé le nécessaire approfondissement de la théorie énergétique et économique de l'angoisse, le messager, condition du message, restant énigmatique. Mais ne faut-il pas attribuer au retour du refoulé ce