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S. Lebovici a posé la question qui, pour un Colloque sur l'angoisse en 19783 se trouve en continuité avec la pensée de Freud, dans ses remaniements des concepts, avec, donc, son processus théorique: l'angoisse est-elle effet ou cause du refoulement? Or, comme on l'a souvent souligné, Freud ne renie pas une conception au profit d'une autre, il les envisage plutôt dans une autre perspective créée par l'intégration de réflexions nouvelles complexifiant et donc modifiant l'ensemble de son édifice théorique, sans en supprimer les ambiguïtés, donc les ouvertures.
Trois points ont stimulé mes associations, dans ce que j'ai entendu au cours de la première journée:
1° l'angoisse comme expérience fondamentale du Je, point o à partir duquel la liberté de choix dans un conflit intérieur est possible (angoisse « névrotique »), selon F. Pasche;
2° la formule de Jean Gillibert: l'objet perdu est le narcissisme de l'autre;
3° les remarques de Cl. Le Guen sur l'évolution de Freud entre la première et la deuxième topique, par rapport au narcissisme.
Je partirai d'un exemple personnel: il y a quelques semaines, une « liberté » de choix — imposé par la nécessité — déterminait la suite classique des incertitudes et débats intérieurs. Cette situation a fait surgir, à un moment donné, un vécu d'angoisse. Angoisse signal d'alarme? Angoisse en quête de sens et de représentations en tout cas, car les circonstances n'étaient pas telles que le choix puisse entraîner des conséquences graves. L'hallucination négative — des représentations manquent — est corrélative d'un affect déqualifié rompant la continuité psychique. Cette angoisse ayant ainsi éveillé mon attention (et c'est en ce sens qu'elle devient signal d'alarme, puisqu'elle mobilise une fonction qui justement a fait défaut avant la production, la décharge