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En contrepoint de ce que nous a dit Jacques Caïn sur angoisse et plaisir, et qui m'a vivement intéressé, j'aimerais parler de l'angoisse et du déplaisir. Parce que le déplaisir dans l'angoisse, et quoi qu'il y paraisse, n'est pas une chose, au bout du compte, évidente. On sait qu'au chapitre VIII d'Inhibition, symptôme et angoisse Freud prend du recul après divers développements et, cherchant à différencier l'angoisse des autres affects de déplaisir (« tension, douleur, deuil »), voit ce qui l'en démarque dans le processus de décharge. Mais demeure entier le problème des raisons qui font qu'une décharge — laquelle n'est pas toujours plaisir, mais pour le moins diminution du déplaisir — devient déplaisir lorsqu'il s'agit d'angoisse.
L'appel au traumatisme de la naissance ne nous éclaire pas vraiment, parce que si la naissance peut bien représenter le premier des déplaisirs — et même s'il y en eut d'autres auparavant, simplifions—, elle pourrait aussi bien avoir été le premier des plaisirs, si l'on tient compte du formidable soulagement que durent être tachycardie et polypnée, et tout le reste bien sûr, quand la tension en cause n'était ni plus ni moins que l'anoxie. On peut même se demander si ce n'est pas là une des causes du frayage, et la facilité avec laquelle l'être recourt par la suite à un système de défense qui avait, au premier tour, si brillamment réussi. D'ailleurs, dans le Manuscrit E, Freud nous rappelle que plusieurs manifestations de l'angoisse se retrouvent dans l'acte sexuel sans qu'on ait idée de leur attribuer une connotation déplaisante. Mais on sait qu'au plan de l'affect on ne saurait se situer sur le seul axe physiologique. Et quand bien même regarderait-on de manière exclusive de ce côté, nous nous trouverions sans doute incapables de faire la part de ce qui est mise en tension et de ce qui est décharge. Comme « les neurones sécrétoires » de L'esquisse augmentent aussi bien la tension interne en se déchargeant. Et nous constatons d'ailleurs qu'