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La communication de Pasche au sujet de l'angoisse niée m'a fait songer au cas de certains patients dépressifs chez qui se rencontre une telle négation.
Ces sujets qui ne maintiennent leur intégrité qu'en se soumettant à un Idéal du Moi particulièrement sévère arrivent ainsi à éviter le conflit et la dévalorisation. Ils s'obligent souvent à des réussites sociales exceptionnelles.
Leur possibilité d'échange avec l'objet est, par contre, déficiente, idéalisant ce dernier ou devant le condamner en le rejetant. Ces personnes essaient souvent de trouver un autre à materner, ce qui leur permet, elles, de ne rien demander.
Si une faille dans le système survient comme une obligation à l'opposition ou au conflit c'est la dépression. Je pense que la possibilité de faire accéder de tels sujets à une angoisse transférentielle peut être importante, car c'est les faire parvenir au registre de l'avoir par rapport au registre de l'être où ils vivaient précédemment.
Je pense en particulier au cas d'une de mes analysées dépressives qui voulut m'idéaliser dans le transfert en me voyant comme celle qui lui permettrait une série d'échanges intellectuels si attirants qu'elle n'aurait plus qu'à m'accepter d'emblée. Elle ressentit une angoisse intense à la constatation que je n'étais pas celle-là. Elle me trouvait là pour me reperdre bien sûr immédiatement mais elle accédait à la frustration et à la culpabilité.
C'est ici que je voudrais m'écarter de certaines optiques actuelles.
Je ne pense pas qu'il n'y ait d'identification possible qu'à une perte narcissique irréparable. Lorsque mon analysée a dû renoncer à une surestimation de son analyste et que par là elle a connu l'angoisse, elle a fait le deuil du narcissisme de l'autre comme l'a dit Gillibert au cours