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— Pouvais-je imaginer que l'invitation à participer à cette table ronde sur la « Transmission de la Psychanalyse » — d'autant que je la limitai au rôle de discutant — se justifiât autrement qu'en raison de mes positions à maintes reprises développées1: tenant la notion de « transmission » pour antinomique de celle de processus psychanalytique? Quelle ne fut pas ma surprise, à l'écoute des exposés des deux rapporteurs!
Non, certes, à constater à nouveau cette divergence de points de vue, mais du fait de leur mode d'affirmation reposant sur un specta-culaire renversement méthodologique: la « Transmission » posée comme concept psychanalytique établi, postulat indiscutable sans que soit même évoquée sa problématique conceptuelle. Prises de positions d'autant plus déconcertantes dans leur assurance, que jusqu'ici, en effet, et plus spécialement dans notre Société, le terme, introduit en 1967 par J. Favreau, était pratiquement reçu comme substitut de celui de « didactique » depuis longtemps décrié et devenu par expérience irrecevable pour le plus grand nombre.
J'ai donc déjà critiqué l'usage de cette notion par trop synonyme de celle de « didactique » et s'avérant tout aussi discutable. Elle n'échappe pas, en effet, au fait d'objectiver le processus analytique en réifiant une relation statique entre un pôle actif, l'analyste transmetteur, et un pôle passif, l' « analysé », receveur de la chose transmise. « Didactique » ou « Transmission »: se trouve également gauchie la saisie de l'expérience singulière de redécouverte processuelle qu'est une psychanalyse