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La « transmission », aujourd'hui, passionne et oppose répétitivement un certain nombre de psychanalystes et de groupes de psychanalystes.
Or, là où apparaissent la compulsion, l'ombre du blocage institutionnel et la passion pour le résoudre, l'analyste soupçonne légitimement quelque mauvais tour du principe de Mort, si habile à dérober, derrière l'idéalisation individuelle ou collective, la violence masochiste qui l'accompagne. Mais lorsque à la passion et à la compulsion s'ajoute ouvertement l'idée de meurtre de l'institution ou de schisme, le doute n'est plus permis. Il y a manque à analyser. Nous sommes en temps de sécheresse et de disette psychiques, faillissant à reconnaître les liens entre la pensée latente et la pensée manifeste, tant dans le groupe que chez nous-mêmes.
C'est pourquoi je propose qu'on interroge davantage les dimensions psychiques de l'urgence à transmettre. Par urgence, je désigne une forme du besoin ou du désir, mieux encore, du désir sidéré dans le besoin1. Je ne porte pas (ici) de jugement sur la longueur ou la brièveté des cursus analytiques, ni sur les excès ou les insuffisances du pourcentage d'analysés qui deviennent aujourd'hui analystes. Non que de tels jugements ne se doivent pas porter et ne soient même nécessaires à un contrôle rationnel de nos pratiques institutionnelles. Mais je ne vois pas comment nous pourrions valablement éviter, comme analystes, de donner une priorité sans équivoque, avant de disputer des modalités de la formation, à l'examen psychanalytique des sources pulsionnelles, en nous, en nos analysés et en nos groupes, de la dynamique de transmission. L'urgence, c'est de comprendre.