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Freud n'était pas psychiatre — aliéniste comme on disait à l'époque. Cette circonstance fut certainement une condition qui favorisa la découverte de la psychanalyse, une voie tout à fait nouvelle par rapport aux idées de l'époque sur. la pathologie mentale.
Il était inévitable cependant que sur son chemin de défrichage de nouvelles terres de la psyché, Freud rencontrât sur son chemin les aliénistes — et les asiles de son temps — spécialement lorsque son intérêt se porta sur les psychoses. Ses interlocuteurs ne furent pas des moindres: E. Bleuler, le maître du Burghölzli — La Mecque de la psychiatrie de l'époque — et C. G. Jung dont l'amitié avec Freud est au centre de la vie psychanalytique de ces années: par la nature des échanges théoriques entre les deux hommes, Jung questionnant sans cesse Freud par rapport aux psychoses, par les espoirs mis par Freud en la personne de Jung pour le développement de la psychanalyse et même les vues qu'il put avoir à cette occasion d'une certaine conquête de la psychiatrie par la psychanalyse, mission dont Jung aurait été chargé.
Cette histoire vaut la peine d'être contée: elle nous est restituée par la passionnante correspondance de Freud avec Jung publiée d'un commun accord par les fils des deux hommes: Ernest Freud et Franz Jung, dans un émouvant hommage à leurs pères et à la vérité historique. Nous nous référerons aussi à la correspondance Freud-Abraham, mais il nous a manqué d'avoir accès aux lettres de Freud à Bleuler, celles en possession des descendants de ce dernier étant malencontreusement tenues sous le boisseau.