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Une tragédie, de même qu'un roman, un poème, etc., est évidemment tout autre chose que l'ensemble plus ou moins strictement articulé des processus inconscients qu'on peut en extraire; mais cette réserve capitale étant faite, on ne peut nier l'intérêt d'une telle analyse dont d'ailleurs il est difficile à un psychanalyste de se dispenser.
Cet intérêt est encore plus grand si celui-ci trouve dans l'œuvre examinée, non plus seulement confirmés certains schèmes de motivation essentiels et connus de tous, mais aussi, grâce à la profondeur d'intuition de l'auteur, des relations au sein du fantasme sous-jacent qui lui apportent un point de vue inédit, ou le confortent dans ses propres recherches qu'elles valident et souvent étoffent et amplifient.
Ainsi le Prométhée d'Eschyle en constituant une sorte de répertoire des attitudes contre-œdipiennes possibles me semble pouvoir prolonger et étendre mon hypothèse ancienne selon laquelle l'autocastration symbolique1 du père était l'une des conditions2 permettant au fils de substituer à son Moi idéal mégalomaniaque promis à la dépression un Moi visant un idéal situé à bonne hauteur, c'est-à-dire accessible ou presque.
Dans la tragédie d'Eschyle, nous assistons au conflit entre Prométhée et Zeus, dieux à signification paternelle; Prométhée parce qu'il appartient à la génération du père de Zeus, en effet, étant fils de Gaia, il est frère de Cronos; Zeus parce qu'il n'a pas seulement donné naissance à une abondante progéniture, mais ayant enchaîné ou enseveli son