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C'est à Freud que nous devons la réhabilitation du mythe, qui fut longtemps le mal aimé des historiens et des scientifiques. C'est aussi un mythe, celui d'Œdipe, qui a aidé Freud à se libérer de l'événement, du trauma réel (la séduction), sorte de « lésion psychique » et hypothèse de base indispensable à l'esprit scientifique de la fin du siècle.
Ainsi avec l'abandon de sa neurotica2 il ne cherchera plus, dans l'étiologie des névroses, l'histoire événementielle (la séduction réelle). Dorénavant il essaiera de construire l'histoire du désir par la voie du fantasme, par l'après coup.
Parler du fantasme, de l'événement, du mythe et de l'histoire soulève immédiatement une question: comment peut-on les distinguer et, plus précisément, comment peut-on concevoir les différences et les similitudes entre mythe et histoire?.
L'histoire est un récit de faits et d'événements relatifs aux peuples et à l'humanité en général. Le mythe aussi est un récit, symbolique et traditionnel, mais construit sur des événements sélectionnés, des souvenirs retenus par le peuple ou le plus souvent sur des souvenirs écrans. C'est un récit qui « signifie autrement que le discours conceptuel et porte un sens profond distinct de son sens apparent »3.
La distinction entre récit mythique et récit du discours conceptuel est une clarification fondamentale et nécessaire pour la compréhension du mythe, et J. Rudhardt l'exprime avec précision, dans son article