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« S'il ne se connaît pas », telle est la réponse que le devin Tiresias fit à la nymphe Liriope, lorsqu'elle vint lui demander si le fils né de son étreinte avec le fleuve Cephise verrait sa vie se prolonger dans une vieillesse avancée.
Narcisse, aimé par de nombreux jeunes gens et jeunes filles pour sa beauté extraordinaire, n'en aimait aucun. Son dédain et son mépris des autres entraînèrent le suicide de son amant Ameinas, ou la disparition de la nymphe Echo, selon les versions (celle de Pausanias relate la ressemblance existant entre Narcisse et sa sœur jumelle, et la perte de celle-ci). Au retour d'une chasse fatigante, Narcisse rencontra une source limpide. Il voulut apaiser sa soif et, tandis qu'il buvait, s'éprit de son image. Il tomba amoureux de ce reflet dans l'eau:
« Sans s'en douter, il se désire lui-même, il est l'amant et l'objet aimé, le but auquel s'adressent ses vœux. Les feux qu'il cherche à allumer sont en même temps ceux qui le brûlent » (Ovide).
Ne pouvant atteindre l'objet de son amour, Narcisse mourut au bord de la source, ou se tua, ou se jeta dans la source, selon les versions. Au bord de l'eau, le corps avait disparu. A sa place, ou naissante de son sang, fleurit le narcisse, fleur rouge dont le centre est entouré de pétales blancs. Fleur froide et humide, saisonnière, vivant au printemps et mourant à la grande chaleur, le narcisse était une fleur funèbre liée à la mort. Il entrait dans la constitution des couronnes mortuaires et contribuait à l'ornementation des tombes. Fleur des divinités chthoniennes, souterraines et infernales, il fleurit au lieu du rapt de Perséphone par le Seigneur des Morts, et est relié aux mythes se rapportant aux mystères d'Eleusis. P. Hadot1, dans la Nouvelle Revue de Psychanalyse consacrée au thème de Narcisse, distingue deux pôles dans le mythe: dans son aspect végétal, il le relie