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Dans la littérature contemporaine la figure de Dieu est souvent associée à des mots tels que vide, néant, trou, absence, c'est-à-dire à des formes négatives. La figure de la mort est souvent remplacée par celle du néant. Je ne citerai que quelques exemples mais on en trouverait bien d'autres. Je centrerai mon étude sur quatre poètes, Raymond Queneau, Jean Tardieu, André Frénaud et Pierre Emmanuel.
On trouve déjà cette figure du néant dans des textes du Moyen Age et de la Renaissance. Moins fréquente au Xviie et au Xviiie siècles, on la retrouve à l'époque romantique dans les images du vide, du gouffre, de l'ombre.
Il en va ainsi chez Victor Hugo avec le thème de la descente dans un gouffre sans fond (La fin de Satan) et avec l'image de « la bouche d'ombre » On en trouve des illustrations dans Les chants de Maldoror de Lautréamont.
En analysant les poèmes d'auteurs ayant introduit la figure du néant dans leur œuvre, j'ai remarqué la fréquence des connotations orales de ce thème, comme dans Les chants de Maldoror où les figures mortifères rattachables à l'oralité abondent, en particulier, celles des loups-garous et des vampires. Dans une étude récente, J. M. G. Le Clézio en a esquissé une nomenclature et une analyse1.
Dans le recueil L'instant fatal,2 Raymond Queneau a publié un poème sur sa propre mort. Ce thème est traité sur le mode parodique qui lui est cher.