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C'est un titre quelque peu provocant. Je le dois à Barbey d'Aurevilly qui le provoqua en moi à la lecture d'un de ses romans, œuvre qui m'a beaucoup appris et à laquelle je me suis attachée comme à une sorte de référence.
Ce roman, c'est L'ensorcelée. Je tenterai tout à l'heure d'en dégager quelques grandes lignes. Mais auparavant, je vais livrer tout de suite mon propos qui est extrêmement simple, sinon simpliste.
Mourir d'aimer, la maladie d'amour, l'amour comme blessure, c'est un mythe. Comme tous les mythes, il rend compte d'une réalité psychique et il sert à s'en défendre. C'est-à-dire qu'il permet en nous un mouvement et qu'il a une fonction d'économie pour notre psyché. Barbey, en écrivant L'ensorcelée (et d'ailleurs en de nombreux autres récits), ne nous donne pas une nouvelle version du mythe de la mort d'aimer mais crée une fiction non pas romantique mais fantastique. Et à notre époque, la littérature sud-américaine, qui sait si bien rendre le thème du « fantastique », nous montre que c'est peut-être dans le fantastique que nous sommes le plus près de la vérité sur nous-mêmes et sur la vie.
Ma première remarque, banale, est que la mort d'aimer appartient à toutes les amours, qu'elles soient humaines (la mort des amants) ou mystiques (la mort du fou de son dieu). Comme le chante la Sulamite du Cantique des Cantiques, « l'amour est fort comme la mort ».
Une deuxième remarque: les légendes de la mort d'aimer me paraissent une sorte de contrepoint aux contes de fées. Lorsque le récit de Tristan et Iseult ou de Roméo et Juliette se clôt, il s'agit bien d'une clôture, d'un achèvement. La boucle est bouclée — rien ne peut plus advenir. L'histoire des amants a eu lieu et débouche sur « l'éternité » dont on pourra s'interroger sur le sens qu'elle a pour Psyché. Dans les contes de fées, au contraire, l'histoire des amants ne commence