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Erich Neumann, à travers ses nombreux écrits, suscite un intérêt aussi vif que non dénué de critique. L'auteur, de langue allemande, naquit à Berlin en 1905. Il vécut à Tel-Aviv, où il émigra en 1934, et y mourut en 1960. Depuis la fin des années 40, ce disciple de Jung (1933) participa aux Journées d'Eranos qui se tenaient régulièrement à Ascona. Là se constitua un cercle de disciples. Le cœur du programme de ces Journées était, est toujours puisqu'il y a eu une session 1976, une réflexion assez bien indiquée par les sujets des premières d'entre elles en 1933: « Sens et signification de la sagesse orientale pour l'esprit occidental. » En 1938 le sujet fut: « La Grande Mère dans la vie mentale de l'homme d'aujourd'hui. » Ces Journées ont repris depuis 1949 et réunissent des noms très divers (Dieckman, Portmann, M. Buber, G. Scholem). J'ai découvert E. Neumann justement à propos de « La Grande Mère » (1952), dont il fit un ouvrage quasi encyclopédique comportant une iconographie passionnante. Cet ouvrage était épuisé alors que. je le cherchais; je finis par l'obtenir lors d'une réédition et… par m'intéresser plus globalement à l'auteur.
Cette iconographie illustrerait tout aussi bien l'ouvrage qui retient mon attention immédiate Histoire des origines de la conscience écrit en 1949 et réédité en 1974, origines et évolution dont l'auteur traite en termes d'épopée en se référant largement et diversement aux mythologies. Une certaine connaissance de ce texte est le présupposé d'une lecture de La psychologie du féminin. Chemin faisant, je serai amenée à argumenter les positions jungiennes de Neumann — mais à travers ce dernier, faute d'avoir hypothéqué, comme l'a fait E. Glover (1953), les loisirs de deux années pour écrire Freud ou Jung2. Ce qu'il y a d'indiscutablement semblable, c'est que je fus amenée à parler de Neumann en termes d'épopée et que Glover traite de « l'odyssée jungienne de l'individuation », de l'accomplissement de son propre soi. C'est souligner le prés