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J'essaierai de condenser dans cet exposé l'essentiel d'un travail récemment présenté au Séminaire méditerranéen de J. Caïn.
Dans une première époque que je situerai jusqu'en 1897, apparaissent les premiers modèles freudiens de la mémoire.
L'inscription en est la première fonction. Suivant l'origine, deux types d'inscription sont décrits dans L'esquisse d'une psychologie scientifique (1895) à propos de l'expérience de satisfaction, l'un venant de l'intérieur, le besoin (la faim), l'autre venant de l'extérieur, l'objet (maternel) qui a apporté une aide. Dans ce type d'inscription archaïque où apparaît déjà la double origine externe et interne, Freud dans Sur l'étiologie de l'hystérie (1896) insistera sur l'importance des souvenirs de scènes de séduction précoce situées comme imposées de l'extérieur mais tout de même, comme l'observent les Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense (1896), excitant une zone érogène appartenant au corps du sujet donc ressenties également comme d'origine interne. Dans la Lettre à Fliess, n° 46, et dans les Nouvelles remarques sur les psychonévroses de défense, Freud précise que les inscriptions liées à des excitations sexuelles très précoces seront associées à un déplaisir (dégoût) et les inscriptions liées à des excitations plus tardives seront associées à un plaisir plus pur. Les « traces mnésiques » sont conçues comme un ensemble de modifications neuroniques permanentes ou « frayages ». L'esquisse…, le Manuscrit H, les Etudes sur l'hystérie (1895) permettent de conclure à deux façons de considérer le frayage, c'est-à-dire les traces mnésiques: d'une part, de minimes quantités d'excitation non mesurables sont fixées sur place après la décharge laissant les barrières de contact entrouvertes, c'est le support biologique supposé du contenu