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Jouet du destin, c'est-à-dire des pulsions, Œdipe, fétu de paille, « pauvre chose », cherche le chemin de sa réalité entre Thèbes, Corinthe et Delphes où prédit souverainement l'oracle d'Apollon, sur les routes de l'Argolide qui marquent la finitude de sa condition. Nous psychanalystes, ses impertinents et, espérons-le, parfois pertinents héritiers, de Toulouse, Montpellier et Paris où s'exprime la parole sacrée de notre société, inventorions les itinéraires qui, beaucoup plus que dans l'espace de notre Occitanie, s'exercent à chercher dans la mémoire de notre passé immémorial, celui de notre culture, ou celui de notre histoire individuelle, la trace et les fondements de notre identité. S'agit-il en effet d'autre chose quand nous nous interrogeons sur la mémoire et le souvenir dans la pratique et la théorie psychanalytiques? Je me sens ainsi fondé, pour faciliter le processus associatif entre Thèbes et Corinthe, je veux dire entre Toulouse et Montpellier, entre les premières et deuxièmes Journées occitanes de Psychanalyse, à essayer de vous parler de la mémoire d'Œdipe et comme il s'agit d'une histoire parfois triste et nostalgique, à continuer ensuite par quelques réflexions sur la mémoire et l'amour, où je ne discerne pas à vrai dire la différence entré l'amour de transfert et le transport amoureux.
Travaillons donc d'abord le texte de Sophocle dans Œdipe roi1, comme nous y invite Freud, référence et révérence affectueusement obligées, pour qui « l'action consiste en un processus de révélations avec des attentes calculées, au milieu d'une fièvre montante, processus comparable à celui d'une psychanalyse »2.