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Le psychologue et le physiologiste cherchent à savoir quels sont les mécanismes ou les structures qui sous-tendent mémoire et souvenir; le psychiatre s'intéresse aux troubles de ces mécanismes et de ces structures.
Quant au psychanalyste, il ne reconnaît aucune solution de continuité (au niveau qui est le sien) entre situations banales ou pathologiques et, ayant une fois pour toutes situé la plaque tournante de la mémoire et des souvenirs au niveau du préconscient, il demeure seulement préoccupé des aléas et des allers et retours des représentations le long des chaînes associatives qui font communiquer les contenus les plus profondément inconscients de l'appareil mental humain avec ses expressions manifestes.
Quant on a eu connaissance des remarquables expériences de Mac Culloch nous montrant que, sous hypnose, un maçon britannique est tout à fait capable de rapporter un détail vérifiable concernant un défaut de 1 à 2 cm situé sur le coin gauche de la 7e brique de telle rangée d'un mur qu'il a construit dix ans auparavant, l'observateur peut rester sidéré d'une telle capacité fondamentale de remémoration, mais le psychanalyste, lui, va chercher à comprendre comment telle ou telle « brique » affective, tombée sur la tête de tel maçon, va radicalement éliminer, faire réapparaître ou surtout modifier sensiblement le souvenir de ce qui a été perçu au moment où le maçon est entré pour la première fois en contact avec ladite brique et où, conjointement à son acte et à sa perception du moment, il manipulait aussi des pensées se référant à des émotions passées ou à la réalisation d'un certain nombre de ses désirs.
La psychologie classique décrivait trois niveaux hiérarchisés de mémoire: la mémoire sensori-motrice, la mémoire austique (ou imaginaire) et la mémoire sociale.