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L'Eternité est l'attribut sous lequel nous connaissons l'existence infinie de Dieu.
La durée est l'attribut sous lequel nous connaissons l'existence des choses créées en tant qu'elles persévèrent dans leur existence actuelle.
Le temps n'est qu'un simple mode de penser.
De nombreux travaux analytiques ont montré que des concepts tels que la Réalité ou l'Identité, voire même le Self, au-delà de leur portée respective dans la Théorie analytique et plus particulièrement dans la saisie différenciatrice du monde objectai, avaient en commun quelque chose à voir avec la notion de discontinuité ou, pour mieux dire, du continu-discontinu que sous-tend la castration. Après bien d'autres, nous nous sommes attachés à l'étude de ces thèmes, et c'est encore dans la même ligne que se situe une préoccupation inscrite directement dans le thème de notre Colloque, préoccupation qui a pour support le Temps comme porteur du Souvenir et de la Mémoire. Tout le travail qui suit pourrait se résumer autour de la question suivante: est-ce qu'une formulation du type « C'est sur le Temps que s'inscrivent Souvenirs et Mémoire » représente, pour un psychanalyste, une question sensée ou une question insensée?
On retrouve là des problèmes soulevés par les philosophes depuis toujours, par les linguistes plus récemment. Mais les psychanalystes ne peuvent ignorer ce versant des choses; tout au plus pouvons-nous agir comme s'il n'existait pas, mais nous savons bien que le déni de la réalité conduit inexorablement à son retour, sous une forme infiniment plus traumatisante pour le devenir du sujet. C'est cependant en raison