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« Je sais la force des mots La force des mots — tocsin. »
Au moment même où nous communiquons, notre énoncé se place dans une différence relative à Freud découvrant la métapsychologie: nous sommes pris dans une science de l'information. Si l'informatique désigne la mise en mémoire, la transmission et l'utilisation des informations, nous ne figurons comme analystes dans les dictionnaires qu'à bonne distance des informaticiens. Pour eux, la mémoire est un dispositif qui permet de recueillir et conserver les informations destinées à un traitement ultérieur. Pour moi, la question se poserait ainsi: comment ne pas les rejoindre sur le glissement de ce mot « traitement ».
Aucune théorie de la mémoire ne semble procéder sans manipuler le concept d'information, chimique, physique ou génétique. A chaque fois se pose la question du code. Dans la langue, le mot induit des traitements différents selon qu'il est nom commun féminin, la mémoire, ou masculin, le mémoire; entre les deux, l'écriture fait trace. Ecrit pour mémoire. Souvenir, aussi bien, par sub-venire, implique l'idée d'un trajet.
Le paradoxe serait que l'homme a dû commencer à lire et en a déduit le principe de l'écriture. Le regard sur les traces s'essaie à différencier, identifier, reconnaître les voies. Les signatures des animaux tracent les premières écritures. L'écrit sumérien et l'écrit chinois figurent des objets concrets ou des symboles. Les idéogrammes se retrouvent dans les hiéroglyphes égyptiens1. Pictographe, le scribe dessinait les objets, fondant ainsi les signes-mots qui retraçaient la