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Mon idée première, lorsque j'ai été invitée à faire une communication dans le cadre de ces Journées, était de présenter un fragment d'analyse tiré de la cure d'une femme d'une quarantaine d'années, relatant une construction effectuée à partir d'un rêve apparu dans un contexte transférentiel défini. Cette construction avait eu pour effet de permettre l'élaboration d'une situation traumatique survenue dans les tout premiers mois de la vie, alors que l'appareil psychique, débordé par les excitations, avait été incapable de les maîtriser ou de les décharger. L'accumulation d'excitations avait fait effraction dans le tissu psychique, y créant un trou et y subsistant comme un corps étranger après l'avoir ébranlé dans son ensemble. La construction rétablissait la continuité de la trame, colmatait la lacune et, pour reprendre la métaphore freudienne, reconstituait la pièce manquante du jeu de patience1, tout en permettant la remise en place de tous les morceaux du puzzle sur lesquels le choc initial s'était répercuté. Car la construction est d'une indiscutable efficacité thérapeutique dans le cas du trauma survenu à une époque où le Moi du sujet n'a pas été en mesure d'émettre un signal d'angoisse mais a réagi par l'angoisse automatique, et où le Surmoi n'est pas encore suffisamment différencié pour venir au secours du Moi submergé par les excitations. Les refoulements qui ont alors lieu sont, on peut le supposer, des refoulements primaires, si l'on prend pour référence ce que Freud dit dans Inhibition, symptôme, angoisse: « Il se peut que l'apparition du Surmoi marque la limite séparant le refoulement primaire du refoulement secondaire (ou après-coup)… » « … Il est très plausible que des facteurs quantitatifs, comme la force excessive de l'excitation et l'effraction du pare-excitations, soient les