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Pour point de départ de ces remarques1 deux phrases du travail de P. Lacoste2, d'une part ceci: « Il y a du manque qui se fabrique ainsi dans la mémoire. Y a-t-il mise en mémoire d'un manque? » et plus loin: « Il y aurait analogie entre la mémoire et l'inconscient selon l'hypothèse d'un trajet frayé par l'excitation. »
Deux phrases situées dans le droit fil freudien et qui font se poser, ou se reposer, de façon particulièrement insistante la question du fray age, dont, on peut dire qu'elle est préalable et nécessaire parce qu'antérieure à celle de la mémoire, du souvenir (fût-il écran ou couvercle) et bien évidemment de la remémoration et de son corollaire inversé, l'amnésie.
Le mot de frayage vient en 1895 dans l'Esquisse3 mais ses échosseront infinis et multiples dans l'œuvre freudienne et finalement jamais épuisés4. En suivre les successifs méandres n'est pas notre propos5. En 1895, Freud se posait la question de savoir en quoi consistait le frayage mais remettait à plus tard l'élucidation de ce point6. A l'orée d'une théorisation sur la mémoire, un mot Bahnung lequel signifie voie, chemin, donc chemin tracé et par suite frayage. A l'orée du mythe œdipien, une trace sur un chemin. Le chemin sur lequel Œdipe noue son destin. Dans ce défilé étroit entre les rochers il n'y a pas place pour deux. L'effraction prend pour objet le père, mais Œdipe l'ignore alors, et c'est cela qui va constituer l'inauguration dramatique de son histoire 1