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Dans ces rêves dont vient de nous parler Guy Rosolato je me demande — et lui demande — si ce déplacement d'une forme géométrique ne peut pas être compris comme étant une image motrice ou, pour reprendre l'expression même de Freud, une image kinesthésique qui serait, en quelque sorte, « visualisée ». Autrement dit, s'il ne convient pas — indépendamment des interprétations qui peuvent être proposées concernant l'aspect formel du contenu de ces rêves (et on peut s'interroger sur le concret que l'abstrait vient ici occulter) — de relever cette dynamique motrice qui peut, bien entendu, s'inscrire à des niveaux génétiques variés. On peut, par exemple et ne serait-ce que sur le mode du « comme si », y voir l'expression de ces mouvements du nourrisson cherchant le sein, cherchant à ajuster ce qui vient de son dedans à ce qui est au dehors pour que soit possible une décharge énergétique satisfaisante et vitale ou, plus précisément, de ce mouvement, le seul efficace, dont l'inscription mnésique aurait été sauvegardée parce qu'il fut au plaisir lié. Tout cela n'étant, bien sûr, qu'un fantasme…
En fait — négligeant cette production de l'imaginaire —, je veux souligner un point précis. A savoir qu'on ne saurait traiter psychanalytiquement de la mémoire et du souvenir sans parler de la perception mais qu'il est également important — et les rêves rapportés par G. Rosolato peuvent à cet égard constituer une invite — de ne pas oublier la fonction primordiale dévolue à la motricité (et ce dès l'Esquisse) en entendant sous ce terme tout autant ce qui est de l'ordre de l'agir que ce qui est de l'ordre du sentir, ce qui est de l'ordre du mouvement et ce qui est de l'ordre de l'image.