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« Je pense que les différents modes d'expression: pose, geste, acte, son, mot, graphisme, création d'objet… résultent tous d'un même ensemble de mécanismes psychophysiologiques, qu'ils obéissent tous à une même loi de naissance. »
« L'univers de chaque individu c'est lui-même, que me reprochez-vous dans mon œuvre? d'être moi-même… »
Le fétichisme au niveau de sa projection esthétique, tel est le sujet de cette étude, à partir de l'œuvre de deux peintres: Pierre Molinier et Hans Bellmer.
S'il s'agit bien là d'une sublimation comme dans toute œuvre d'art, le fétichisme même chez ces deux artistes demeure un compromis au niveau de leur équilibre pulsionnel, au même titre que tout symptôme névrotique ou psychotique.
S'il est vrai que le fétichisme de Molinier et de Bellmer est à l'origine et représente la trame même de leur œuvre, il n'en demeure pas moins que processus psychopathologique et processus créatif ne peuvent être confondus. Il s'agit, semble-t-il, plutôt de deux processus évoluant parallèlement, pouvant à certains moments interférer et s'imbriquer étroitement, mais restant néanmoins distincts l'un de l'autre.
Or, Hans Bellmer et Pierre Molinier, pour lesquels on serait tenté de reprendre le mot de Georges Bataille « l'érotisme est ce qui sépare l'homme de la bête », ont en commun le fait que leur fétichisme est une source intarissable pour leur créativité. En effet, les dessins, gravures, et peintures de ces deux artistes nous montrent l'importance du fétichisme vécu en relation avec un objet externe et artificiel: une poupée, objet élaboré par eux, puis projeté constamment dans leur expression graphique et picturale.
Mais encore, ne s'agit-il pas de n'importe quelle poupée!