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« On n'analyse pas la sublimation! » Ce conseil, ou plutôt cette prescription me fut signifiée dès les premiers mois de mon initiation analytique et elle me demeura comme l'un des commandements princeps de notre pratique. Si je n'ai pas eu, depuis, à déroger à son observance, les raisons que je me donne d'en approuver la pertinence ne sont pourtant plus tout à fait les mêmes que celles que me fournit alors mon mentor.
S'il me fallait aujourd'hui justifier ce précepte technique je dirais que, justement, ce n'en est pas un mais le simple énoncé d'une évidence de la pratique: on ne saurait analyser la sublimation pour la simple raison que l'analyser suffit à la faire disparaître. L'analyser, que dis-je? Même pas: en ébaucher seulement l'insertion dans la cure la fait s'évanouir; on y jette un regard et on la perd — telle Eurydice renvoyée aux Enfers. Cette singularité, déjà signalée par certains commentateurs1, fait que lorsque sur le divan se parle quelque activité qui pourrait être de l'ordre de la sublimation, il ne s'offre guère qu'une alternative: ou bien les commentaires et interventions s'y rapportant tournent court, comme hors-sujet, et elle ne participe pas à la dynamique de la cure; ou bien elle s'intègre à cette cure en y prenant valeur de formation réactionnelle.
On ne saurait donc s'étonner de ce que certains (tel Diatkine ai-je cru comprendre) proposent d'abandonner le terme et de récuser le concept; ni de ce que le thème tende à être délaissé par les congrès et symposium. On doit cependant se demander si, à suivre cette pente, voire à l'accentuer, on ne court pas le risque de déboucher sur une névrotisation (voire une psychotisation) dévorante du sujet? ou plus simplement sur une évacuation du problème? Ce faisant, ou bien