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Un sujet apparemment simple qui se révèle une gageure intenable, au-delà des premières intuitions, lorsqu'on veut le formuler1. Il supposerait d'abord que nous ayons une théorie psychanalytique capable d'appréhender ces phénomènes psychologiques complexes. Or, née pour rendre compte des psychonévroses et des structures psychopathologiques, elle apparaît insuffisante pour appréhender les formes de psychisme évoluées. Cela supposerait aussi que nous ayons une théorie cohérente de l'art et de la création; or, les multiples données perspicaces posées par les meilleurs auteurs n'ont pas abouti à une théorie générale capable d'englober tous les faits. Ou bien elles sont limitées, ou bien elles tombent dans le verbalisme et les abstractions vagues. C'est que le domaine de l'art échappe à des définitions simples — dans la mesure même où il est en dehors de la verbalisation. La difficulté consiste à exprimer dans le langage prosaïque et intellectuel ce qui est, par structure, indicible. Il est vrai que l'on peut tourner autour, multiplier les approches, chercher à évoquer. Il faudrait alors, certains l'ont fait, utiliser un langage poétique — donc non précisément transmissible, en tout cas, non utilisable dans ces pages. Aussi faut-il savoir se borner à systématiser quelques réflexions d'un peintre et d'un psychanalyste, sur certains points de rencontre entre deux expériences vécues.
La certitude géniale de Freud, qu'en trouvant les lois de la pathologie mentale il avait en même temps découvert celles du psychisme humain, reste pour l'ensemble valable, mais avec une limitation: plus le poids du passé diminue, plus le sujet acquiert de l'autonomie, et plus il