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« L'absence d'une théorie cohérente de la sublimation reste une des lacunes de la pensée psychanalytique », telle est la dernière phrase et la conclusion assez pessimiste de l'article sur la sublimation, dans le Dictionnaire de Laplanche et Pontalis.
Nous essaierons ici moins de combler cette lacune que de chercher à en saisir quelques raisons dont notre titre vise à donner un certain avant-goût. Mais il nous faut aussi, tout de suite, modérer notre propos: nous n'entendons pas examiner en soi la sublimation ou ce que l'on entend généralement par là, mais seulement ses rapports avec la théorie et peut-être la pratique psychanalytiques, autant que possible dans une perspective historique. Car, la sublimation recouvrant selon nous la totalité du patrimoine et des acquisitions culturelles et scientifiques de l'humanité, nous ne saurions embrasser un sujet proprement illimité.
Bref avant-propos historique, dont il est difficile de se passer complètement, malgré les inévitables redites. Nous évoquerons aussi brièvement que possible la façon dont le concept de sublimation a été introduit et développé par Freud — comptant bien que d'autres articles dans ce numéro de notre Revue en parleront très savamment — car nous voudrions surtout examiner le sort ultérieur de ce concept qui a peut-être eu dans la langue psychanalytique un succès outrepassant les limites que Freud lui avait assignées au départ.
Il est frappant, en effet, que Freud se soit, en fait, assez peu attaché à approfondir ou à développer ce concept, introduit en 1905 dans Dora et dans les Trois essais, et dont il donne en 1910 dans le Léonard une définition globale: « la faculté de sublimation » est, à ses yeux, une