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« Il vaut la peine de se convaincre directement de l'infinie sensibilité de la vie psychique… des ressemblances infimes suffisent pour mettre cette vie psychique en action. Un jeune homme, presque un enfant, à la suite de la poussée montante de ses désirs, avait pour cela mis en œuvre divers moyens de refoulement; il s'acharnait à ses études, exagérait son attachement infantile à sa mère… L'un des remparts qu'il avait élevés contre elle s'écroula dans une occasion qui semblait à peine y pouvoir suffire. Les mathématiques jouissent d'un grand renom comme dérivatif sexuel. J.-J. Rousseau avait reçu le conseil suivant d'une dame qui lui en voulait quelque peu: « Lascia le donne e studia le matematiche. » De même, notre fugitif se jeta aussi à corps perdu dans les mathématiques et dans la géométrie, jusqu'au jour où la compréhension lui faillit, en présence de quelques problèmes anodins. On put ainsi rétablir le texte de ces problèmes: « Deux corps se heurtent, l'un avec une « rapidité de…, etc. », et: « On inscrit, dans un cyclindre de section « donnée, un cône…, etc. » Les allusions à des choses sexuelles, qui n'eussent certes point frappé d'autres, firent qu'il se sentit trahi aussi par les mathématiques et se mit aussi en devoir de les fuir » (S. Freud, Délire et rêves dans la Gradiva de Jensen).
« La genèse de l'invention mathématique est un problème qui doit inspirer le plus vif intérêt au psychologue. C'est l'acte dans lequel l'esprit humain semble le moins emprunter au monde extérieur, où il n'agit ou ne paraît agir que par lui-même et sur lui-même, de sorte qu'en étudiant le processus de la pensée géométrique c'est ce qu'il y a de plus essentiel dans l'esprit humain que nous pouvons espérer atteindre » (Henri Poincaré, Conférence à la Société de Psychologie, Paris, 1909).
« L'absence d'une théorie cohérente de la sublimation reste une des lacunes de la pensée psychanalytique » (Laplanche-Pontalis).