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Tenter une analyse de l'inconscient dans la littérature du XVIIe siècle exige qu'au minimum, et à défaut de la pouvoir résoudre, soit posée la question de la connaissance de ce qui, par définition, ne peut être connu, sauf de façon indirecte, par le biais de ses productions. Or l'inconscient du XVIIe siècle nous est doublement étranger, d'abord par le temps qui nous sépare de cette société qu'on ne peut désormais saisir hors de la reconstruction que lui font subir nos schèmes intellectuels, ensuite à cause de la spécificité même de l'objet dont nous parlons. L'inconscient de qui ? d'un personnage fictif ? d'un auteur ? Comment justifier cette recherche à travers un matériau scellé, alors que la quête de l'inconscient se réalise dans l'acte même de sa production présente, dans la relation analytique ?
Pris entre les mailles d'un réseau conceptuel aux multiples nœuds, qui demande qu'on tienne compte de l'écart historique, de l'insaisissable aspect de cet inconscient, de la particularité de l'objet littéraire, de la position hic et nunc de celui qui parle, des instruments à sa disposition, ainsi que des conditions de vérité de son discours, devons-nous avouer notre impuissance et nous satisfaire d'un exposé qui, faute d'être énoncé dans les catégories du vrai et du faux, serait source de plaisir pour le locuteur, plaisir qu'il propose aux auditeurs de partager, afin d'éviter de savoir qui parle et de quoi « ça » parle ?
Bien que ce ne soit pas ici le lieu de répondre à cette question qui exigerait un long développement, il me semble nécessaire de la formuler, en l'assaisonnant de quelques grains de bon sens. Chaque société délimite un champ de « l'inconscient », et celui-ci, structuré différemment pour chaque individu à partir de ses réactions aux coutumes, aux rythmes bioculturels, aux soins divers qu'on lui prodigue pendant l'enfance, ne saurait pas plus prétendre à l'universalité que les formes